Biographie

Vassily Kandinsky, peintre fondateur de l'abstraction réalisa sa 1 ère aquarelle abstraite en 1910. Cette même année, Pablo Picasso peindra à Cadaquès plusieurs toiles proches de l'abstraction avec une disparition de l'objet et une réduction des couleurs ('Verre et citron', 'Le guitariste', 'Femme à la mandoline').
C'est par un long passage progressif que Kandinsky se détache peu à peu de la figure réelle : les formes abstraites côtoient les formes figuratives mais restant attaché à la dimension spirituelle de l'art, il ne rejettera pas la figuration.
Peintre français d'origine russe (Moscou 4 décembre 1866 - 13 décembre Neuilly-sur-Seine 1944).
Ses origines offrent une intéressante combinaison de forces. La famille de son père était originaire de l'ouest de la Sibérie. Le père du peintre s'était installé à Moscou qu'il estimait comme sa patrie spirituelle. Sa mère était moscovite d'origine balte. Le jeune Wassily apprit l'allemand en même temps que le russe. Le riche patrimoine des contes et légendes germaniques fut le sien à l'égal de la tradition religieuse orthodoxe et du trésor populaire slave.
Après la séparation de ses parents il fut élevé en grande partie par sa tante Elisabeth Tikheef. Sa famille s'installe à Odessa en 1876 où il suivra durant 9 ans ses études au lycée. Il y suit également des cours de dessin, de piano et de violoncelle. Il s'engage ensuite dans des études de droit et d'économie à l'Université de Moscou en 1886. Bien que cette profession soit couronnée de succès, il décida de commencer des études de peinture (dessin d'après modèle, croquis et anatomie) à l'âge de 30 ans. En 1896 il s'installa à Munich et étudia à l'Académie des Beaux-Arts de Munich.

L'épanouissement artistique (1896-1911)

Le temps que Kandinsky a passé à l'école des Beaux-Arts a été facilité par le fait qu'il était plus âgé et plus expérimenté que les autres étudiants. Il commença une carrière de peintre tout en devenant un véritable théoricien de l'art du fait de l'intensité de ses réflexions sur son propre travail. Malheureusement, très peu de ses œuvres de cette période existent encore, bien que sa production ait probablement été importante. Cette situation change à partir du début du XXe siècle et un grand nombre de paysages et de villes qu'il avait peints, utilisant de larges touches de couleur mais des formes bien identifiables, ont été conservés. Une peinture fondamentale de Kandinsky de ces années 1900 est probablement Le cavalier bleu (1903) où Kandinsky montre le cavalier davantage comme une série de touches colorées que par des détails précis. De 1906 à 1908 Kandinsky passe une grande partie de son temps à voyager à travers l'Europe, jusqu'à ce qu'il s'installe dans la petite ville bavaroise de Murnau. La montagne bleue (1908-1909) peinte à cette époque montre davantage sa tendance vers l'abstraction pure. En 1910, il peint la première œuvre abstraite réalisée à partir d'une conviction profonde et dans un but clairement défini : substituer à la figuration et à l'imitation de la "réalité " extérieure du monde matériel une création pure de nature spirituelle qui ne procède que de la seule nécessité intérieure de l'artiste.

Le cavalier bleu (1911-1914)

En plus de la peinture elle-même, Kandinsky se consacra à la constitution d'une théorie de l'art. Il a contribué à fonder l'association des Nouveaux artistes de Munich dont il devint le président en 1909. Kandinsky fonda alors une nouvelle association, le Le Cavalier bleu (Der Blaue Reiter) avec des artistes plus proches de sa vision de l'art tels que Franz Marc. Cette association réalisa un almanach, appelé L'Almanach du Cavalier Bleu qui connu deux parutions. Davantage de numéros étaient prévus, mais la déclaration de la première guerre mondiale en 1914 mis fin à ces projets, et Kandinsky retourna chez lui en Russie via la Suisse et la Suède. Son premier grand ouvrage théorique sur l'art, intitulé Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier, paraît fin 1911. Il expose dans ce court traité sa vision personnelle de l'art dont la véritable mission est d'ordre spirituel, ainsi que sa théorie de l'effet psychologique des couleurs sur l'åme humaine et leur sonorité intérieure.

Retour en Russie (1914-1921)

Durant les années 1918 à 1921, Kandinsky s'occupe du développement de la politique culturelle de la Russie, il apporte sa collaboration dans les domaines de la pédagogie de l'art et de la réforme des musées. Il se consacra également à l'enseignement artistique avec un programme reposant sur l'analyse des formes et des couleurs, ainsi qu'à l'organisation de l'Institut de culture artistique à Moscou. Il peint très peu durant cette période. Il fait la connaissance en 1916 de Nina Andreievskaà qui deviendra son épouse l'année suivante.

Le Bauhaus (1922-1933)

Le Bauhaus était une école d'architecture et d'art novateur qui avait pour objectif de fusionner les arts plastiques et les arts appliqués, et dont l'enseignement reposait sur la mise en application théorique et pratique de la synthèse des arts plastiques. Kandinsky y donna des cours dans le cadre de l'atelier de peinture murale, qui reprenaient sa théorie des couleurs en y intégrant de nouveaux éléments sur la psychologie de la forme. Le développement de ces travaux sur l'étude des formes, en particulier le point et les différentes formes de lignes, conduiront à la publication de son second grand ouvrage théorique Point et ligne sur plan en 1926. Les éléments géométriques prirent dans son enseignement comme dans sa peinture une importance grandissante, en particulier le cercle, le demi-cercle, l'angle et les lignes droites ou courbes. Cette période fut pour lui une période d'intense production.

La grande synthèse (1934-1944)

A Paris, il se trouve relativement isolé, d'autant que l'art abstrait, en particulier géométrique, n'est guère reconnu : les tendances artistiques à la mode étaient plutôt l'impressionnisme et le cubisme. Il vit et travaille dans un petit appartement dont il a aménagé la salle de séjour en atelier. Des formes biomorphiques aux contours souples et non géométriques font leur apparition dans son œuvre, des formes qui évoquent extérieurement des organismes microscopiques mais qui expriment toujours la vie intérieure de l'artiste. Il recourt à des compositions de couleurs inédites qui évoquent l'art populaire slave et qui ressemblent à des ouvrages en filigrane précieux. Il utilise également du sable qu'il mélange aux couleurs pour donner à la peinture une texture granuleuse. Cette période correspond en fait à une vaste synthèse de son œuvre antérieure, dont il reprend l'ensemble des éléments tout en les enrichissant. Il peint en 1936 et 1939 ses deux dernières grandes compositions, ces toiles particulièrement élaborées et longuement mûries qu'il avait cessé de produire depuis de nombreuses années. Composition IX est une toile aux diagonales puissantes fortement contrastées et dont la forme centrale évoque un embryon humain dans le ventre de sa mère. Les petits carrés de couleurs et les bandes colorées semblent se détacher du fond noir de Composition X comme des fragments ou des filaments d'étoiles, tandis que d'énigmatiques hiéroglyphes aux tons pastels recouvrent la grande masse marron qui semble flotter dans le coin supérieur gauche de la toile. Dans les œuvres de Kandinsky, un certain nombre de caractéristiques sautent immédiatement aux yeux tandis que certaines sonorités sont plus discrètes et comme voilées, c'est-à-dire qu'elles ne se révèlent que progressivement à ceux qui font l'effort d'approfondir leur rapport avec l'œuvre et d'affiner leur regard. Il ne faut donc pas se contenter d'une première impression très superficielle ou d'une identification grossière des formes que l'artiste a utilisé et qu'il a subtilement harmonisé et mises en accord pour qu'elles rentrent efficacement en résonance avec l'âme du spectateur. A partir de la mort de Wassily Kandinsky et durant une trentaine d'années, Nina Kandinsky n'a cessé de diffuser le message et de divulguer l'œuvre de son mari. L'ensemble des œuvres en sa possession ont été léguées au Centre Georges Pompidou, à Paris, où l'on peut voir la plus grande collection de ses peintures.

Vassily Kandinsky devant « Petits plaisirs », juin 1913

 

Le cavalier bleu, 1911
Zürich, Buehrle Stiftung

 

Couverture de l'Almanach "Le cavalier bleu", 1912
Saint Georges sur son cheval (gravée par V. Kandinsky)

 

Composition IX, 1936
Musée d'art moderne de Saint-Etienne-Métropole

 

Composition X, 1939
Centre Pompidou, Paris